Le 22 août 1944, vingt-trois maquisards sont morts dans un combat les opposants à une colonne allemande au lieu-dit à La Pezade sur le plateau du Larzac, entre les communes de La Couvertoirade (Aveyron) et du Caylar (Hérault). Ils appartenaient à la section de sabotage du maquis Paul Clé ou Claie (Armée secrète) chargée de plusieurs missions notamment la mise hors d’usage de ponts ou l’abattage d’arbres.
Comme tous les maquis du Midi, à l’ouest du Rhône, le maquis Paul Claie avait pour tâche de harceler les colonnes allemandes qui faisaient mouvement vers la vallée du Rhône. En effet, après le débarquement allié en Provence, le général Blaskowitz commandant du groupe d’armées G (dont l’état-major était à Rouffiac-Tolosan près de Toulouse) donna l’ordre d’évacuer le territoire qu’elles occupaient. Elles formèrent à cet effet des colonnes ou Marschgruppen. Celle qui fut formée à Rodez (Aveyron) se dirigea d’abord vers Millau (Aveyron) pour tenter de rejoindre le Bas-Languedoc et, de là, la vallée du Rhône. Le combat de La Pezade est à resituer dans ce contexte.
Le 21 août 1944, le groupe avait rendu inopérant par une explosion de mines le Pas-de-l’Escalette (Hérault), goulot d’étranglement rocheux, situé entre la plaine héraultaise et le plateau aveyronnais du Larzac. Sur le chemin du retour, les maquisards s’arrêtèrent au Caylar pour se ravitailler. Serait-ce dans l’exaltation de la Libération ? Le lendemain, ils poursuivirent leur route en direction de Cornus (Aveyron) et croisèrent un détachement allemand en train de se regrouper dans le hameau de La Pezade. Le groupe, inférieur en armes et en nombre, fut anéanti. Une patrouille de reconnaissance fut envoyée le soir même par Dumont, le chef du maquis. Les quatre hommes découvrirent le camion, portes arrière ouvertes, mais leur voiture fut prise sous le feu des Allemands. Les maquisards parvinrent à en réchapper et rejoignirent le village des Rives (Hérault). La colonne allemande partie, Dumont emmena quelques hommes sur les lieux du combat où les corps mutilés furent récupérés et ramenés à l’hôpital de Saint-Affrique (Aveyron) où eut lieu une cérémonie d’obsèques publiques.
Sur l’emplacement du combat, fut érigée une stèle gravée de leurs noms le 10 octobre 1944 puis un cimetière militaire de croix blanches qui se trouvent aujourd’hui en bordure de l’autoroute A 75.
Depuis 1999, aux vingt-trois noms de maquisards, a été ajouté le nom d’un aviateur américain, le lieutenant Richard-Francis Hoy. Le 22 août 1944, un des deux avions alliés présents dans le ciel avait été abattu. Le pilote fut enterré près des Infruts (commune de la Couvertoirade). Son identité a été établie après une longue enquête. R.F. Hoy était né le 7 février 1921, à Détroit, aux USA. Il avait obtenu sa qualification de pilote à l’école de Spence Field en Californie en décembre 1943 et avait poursuivi ses vols en Afrique du Nord. Il survolait le sud de la France, à partir de la Corse, pour surveiller les mouvements de troupes allemandes et les retarder par des attaques en rase-mottes. Il était 18h50 quand l’avion Mustang fut touché et qu’il s’écrasa, entraînant dans la mort son pilote.
(source :
https://fusilles-40-44.maitron.fr/la-couvertoirade-aveyron-la-pezade-22-aout-1944/ )